Sitôt né

Poème issu de la cinquième très grande calligraphie de Genèse, troisième cycle de Rebonds, et créé et calligraphié à Castres le 16 août 2022.

On le lit, grâce au poète Francesco Marotta, en italien dans la seconde partie de la traduction, fort belle, dont voici le lien : https://rebstein.wordpress.com/2022/09/05/genesi/

*

1

« Montagne, je te sais arbre ».

.

« Dans les feuilles de l’arbre, dis-tu,

je souffle.

Si l’aigle me guette, je lui tends la neige en miroir.

Si le vautour s’impatiente, je l’affame ».

.

2

« Quel alphabet palpite dans mon souffle ! ».

.

3

« Elle grandit, la montagne, arbre gris et or.

Ma flamme durcit l’écorce.

A mon feu je me brûle.

Eclairant la montagne

j’érode en tous sens ».

.

4

« À mon souffle son tronc s’apprivoise.

Elle et moi valsons d’une lune à l’autre

guépard bondissant ».

.

*

Yves Bergeret

*****

***

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5 réponses à “Sitôt né”

  1. Antonio Devicienti dit :

    Je crois qu’il ne faut JAMAIS oublier la totale intégration, l’unité entre mots et couleurs, entre images qui naissent des vers et images créées par le geste de la main qui peint: poèmes et calligraphie, mouvement de la pensée et de la main, de l’imagination et de la vision.

  2. Sandrine Péricart dit :

    Tu es dans une salle comme dans une grande page blanche. Sous la chaleur intense, les fenêtres restent ouvertes. Tu te penches sur une feuille étalée sur une bâche, deux mètres dix de long sur soixante centimètres de large, blanc cadré de bleu sur fond blanc. Un vent léger bruisse dans les arbres. Son souffle, b.a.-ba de ton geste de création, a l’esprit et la forme de la montagne. Te voici ici toujours, mais au dehors aussi, et en dedans, et au-delà, dans une plénitude d’existence sensible, qui écoutes, et qui peins.
    Tu peins la force qui fait sans fin se mouvoir et se tordre et se déformer l’espace, qui fait s’ériger et s’user les massifs, s’écrouler les cairns et les maisons des peintres. « Écoute-moi, suis-moi, accroche-moi, te dit-elle ; tu me connais si bien. »
    « Je suis la langue qui nomme, voici, je te prête mon bâton : trace le feu pour moi. Scande mon rythme, faufile-moi comme si tu brossais les cils de mes paupières, délivre ma couleur : elle est le liquide amniotique teinté par la douleur des nouveaux-nés sitôt nés, elle est le jus d’une mangue dans laquelle tu mords assoiffé ou que tu répands en libation, elle est la sève de l’arbre de la connaissance que ta hache de bouscatier a saigné. »
    Aussi, à rebours tu vas, tu viens, tu effleures et tu caresses ; en avant tu appuies, tu ancres, tu imprimes, tu fais signe. Tu ouvres le geste, tu clos le cercle, tu tournes le souffle en toi-même et tu expires la respiration profonde du monde. Tu répliques avec ta main, par l’encre puis le lavis, l’ombre des lettres dont ont rêvé les Sumériens, les Égyptiens, et tous les poseurs de mémoire ; tu appelles dans l’élan de ton corps, par l’acrylique, les signes des dessins pariétaux, des graffitis de Pompéi, des peintures de Koyo. Sur la toile blanche, posée dans cette grande salle blanche, tu mets en abyme la parole libre, et tu répètes, une fois par l’alphabet, une fois par le geste, son parcours fondateur.

  3. xavier lemaitre dit :

    Poème, fusion de mots et de couleurs, érige un arbre de Jessé à la montagne qui nous regarde.

  4. Geneviève Gohin-Chignac dit :

    La montagne, vieille et irremplaçable amie du poète qui partage avec nous les émotions de ces deux coeurs, de pierre et de chair, qui battent au même rythme

Rètroliens / Pings

  1. Genesi | LA DIMORA DEL TEMPO SOSPESO - 05/09/2022

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