Jetant filet

poème sur un carnet chinois cousu de format 18 cm de haut par 13, contenant 22 dessins à l’encre de Chine qu’Hamidou Guindo y a tracés en février 2004 à Koyo, carnet rehaussé de collages par Yves Bergeret en même temps qu’il créait ce poème les 15 et 16 mai 2021.

Le poète Francesco Marotta propose sa traduction italienne de ce poème, d’une puissante beauté et d’une musicalité profonde : Gettando la rete | La dimora del tempo sospeso (wordpress.com)

*

Pas précipités dans la brume,

ah, ce n’est pas encore la pensée…

Reprendre le récit embaume toute la plaine.

Rire embrase.

Vol de martinets relie caverne et zénith,

délie en un cri trois montagnes.

Qui peut, le bec soudé, éborgné, voler à rebours?

Aucune épaule n’est plus friable qu’une autre.

Les vents lui serrent la main, lui ouvrent le cœur.

La pierre déconcerte le sable.

La lune vient toujours trop vite.

Il jette le filet de la beauté dans la mer profonde

puis s’en retourne mourir dans la grotte.

Il cherche encore sa naissance dans les refrains de la mer.

Par où la mer s’est retirée de la roche

il passe, avec trois ombres.

Sa vie et les mondes farouches sont tirés dans le même filet.

C’est lui qui le tisse, plutôt à l’aube.

La salive de sa mère fit le fil de son filet,

la berceuse au soir

ou le chant de la moisson dont il mange le grain.

Yves Bergeret

*****

***

*

Rètroliens / Pings

  1. Gettando la rete | La dimora del tempo sospeso - 26/05/2021

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :