Dans les galets de Pontaix

Poème écrit et calligraphié le mardi 20 avril 2021 par Yves Bergeret dans le lit de la Drôme juste en amont de Pontaix, près de Die, sur cinq diptyques de Ingres Canson 100 g, au format déplié de 24 cm de haut par 32, en double exemplaire, à l’encre de Chine et acrylique.

Le poète Francesco Marotta propose de ce poème sa traduction italienne, vivace, rebelle, alerte comme le vent, et la voici : Tra i ciottoli di Pontaix | La dimora del tempo sospeso (wordpress.com)

*

1

Ciel

Ciel unanime d’abord,

puis gros nuages blancs juste à ras des points cardinaux :

le ciel cherche le haut de mon front.

Le ciel est ma scène de théâtre d’improvisation,

ma plage ronde.

2

Oeil

Ce n’est pas le ciel qui nous épie,

c’est la querelle désolée, enragée

qui n’a même pas besoin d’adversaire.

Mais moi je cherche à enfouir la hache sous les galets.

3

Faucon

Il passe, le faucon, à mi distance du ciel

pour s’assurer des survivants.

4

Peuplier

Asymétrique, déhanché

le peuplier sauvage,

tel le porteur de la parole

qu’aucun dogme ne déracine.

5

Ruisseau

Quelques notes me sont nécessaires,

presque une mélodie :

le fil du ruisseau

me suffit,

riant des querelleurs

et des dieux à queue courte.

La grenouille est d’accord.

*

*****

***

*

6 réponses à “Dans les galets de Pontaix”

  1. lemaitre xavier dit :

    Entre lit et ciel, le fil du vif ruisseau croise le poète: peuplier sauvage, libre choreute debout.

  2. Antonio Devicienti dit :

    …pas seulement la grenouille est d’accord…

  3. catherine dit :

    Ce qu’il y a de profondément vivant est l’impossibilité de décrire les calligraphies alors qu’elles procurent un tel sursaut d’émotion, juste pointée sur l’objet des vers qui l’accompagnent.

  4. Geneviève Gohin-Chignac dit :

    Loin des hommes, la nature apaise et enseigne. Calligraphies et photos illustrent parfaitement le ressenti des mots et les chargent d’une nouvelle intensité. Merci cher Yves !

  5. Michel: dit :

    Aprés une longue absence, …

    Mais Martin veille, … Le pêcheur bien sur, il est toujours là, … lui !
    Pendant que guète le héron cendré,
    La Grenouille bien sûr !
    Mais c’est le poète qui nous porte, aiguise nos sens et nous fait observer avec acuité !

    Merci encore Yves,

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