Voix de la femme qui chante

Ce poème d’Yves Bergeret fait partie du cycle de 18 poèmes intitulé L’île parle, écrit en Sicile en 2009 et 2010 et créé au Théâtre Zo à Catane, en Sicile, en mars 2010 par Marina Borgo et Enrico Ciullo, percussionnistes à l’Opéra de Catane, et le poète qui disait le cycle de poèmes.

L’île parle est édité dans le livre L’Homme inadéquat, éditions Forme libere, Trento, 2010, bilingue franco-italien, la traduction étant l’œuvre du poète Francesco Marotta.

*

Je suis la voix de la femme qui chante.
Ceux qui trouvent que je voyage d’une tendre gorge
à leur oreille mâle se trompent. Naïvement.
Car je voyage de la racine du volcan de l’île
aux torses de tous ceux qui bégaient dans l’approximation.

De l’île je moule la forme.
A la montagne je rends sa mesure
qui offre l’eau qui irrigue les vallées.
Je relève l’étranger désespéré
que son ombre refusait de suivre
et la lui rends.
Je suis la voix de la femme qui chante.

Je me penche au balcon d’où j’embrasse l’autre rive.
J’accueille et formule. Je n’appelle pas. Je salue.
Je mets les étoiles dans les mains des hommes.
Je vais chercher l’homme démembré et le réunis.
Je pars trouver l’origine et la lumière.
Mes joues, mon palais, ma gorge
sont le ventre où le monde se conçoit ;
je mets le monde au monde.

Je remets la montagne sur sa base
et l’étranger au sec après les courants aigres.
Le temps de mon chant
je rends raison à la vie qui hésite.
Voix du chant de la femme,
je suis la seule voix qui oriente l’île et l’étranger
sur le cinquième point cardinal,
celui où très clairement se voit
que la montagne est accueil et l’eau parole.

***

*

Voce della donna che canta

Traduction de Francesco Marotta

Io sono la voce della donna che canta.
Quelli che credono che io viaggi da una tenera gola
al loro orecchio maschile, si sbagliano. Ingenuamente.
Perché io mi muovo dalla radice del vulcano dell’isola
al petto di tutti coloro che balbettano nell’approssimazione.

Dell’isola modello la forma.
Alla montagna rendo la sua misura
che offre l’acqua per irrigare le valli.
Risollevo lo straniero disperato
e gli riconsegno la sua ombra
che si rifiutava di seguirlo.
Io sono la voce della donna che canta.

Mi affaccio dal balcone da cui abbraccio l’altra riva.
Accolgo ed esprimo. Non chiamo. Saluto.
Depongo le stelle nelle mani degli uomini.
Vado a cercare l’uomo smembrato e lo ricostruisco.
Parto per ritrovare l’origine e la luce.
Le mie guance, il mio palato, la mia gola
sono il ventre dove il mondo è concepito;
io metto al mondo il mondo.

Sistemo la montagna sulla sua base
e lo straniero all’asciutto dopo le aspre correnti.
Per tutta la durata del mio canto
restituisco un motivo alla vita che esita.
Voce del canto della donna,
sono la sola voce che orienta l’isola e lo straniero
sul quinto punto cardinale,
quello dove con estrema chiarezza si vede
che la montagna è accoglienza e l’acqua parola.

*****

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