Ce qu’à l’aube dit le nuage

Le poète Francesco Marotta a créé la version italienne de ce poème ; on lit sa traduction, puissante et fluide, à cette adresse : https://rebstein.wordpress.com/2021/01/03/la-nuvola-e-lalba/

*

J’ai posé ma tête sur tes genoux

et ta robe a pris feu.

Et je t’ai prise

par la main comme les flammes

qui prenaient la mer et ses écueils

et les hissaient droit en montagnes célestes

dont nous gravissions les degrés.

J’ai posé ma tête sur tes genoux,

tu étais assise sur le vent unique.

Tu étais assise sur le vent unique

qui te portait de la marée sombre des soldats

à la marée claire des très jeunes enfants.

J’ai posé ma tête sur le vent sifflant.

Des chiens ont couru et tu n’étais plus là.

J’ai posé ma tête sur les flammes

et, comme mes cheveux brûlaient,

je les ai avalées une à une.

Elles m’ont soulevé jusqu’à ma tête

et m’ont déposé, trempé de joie,

dans ton ombre qui roulait ma mémoire

jusqu’à l’isthme de sable entre les écueils :

c’était la phrase que je chantais.

C’est la phrase que je chante.

*

Yves Bergeret

*****

***

*

3 réponses à “Ce qu’à l’aube dit le nuage”

  1. Antonio Devicienti dit :

    Joie, c’est le poème qui est joie!

  2. val dit :

    …et les nuées à l’aube jouent aux nuages

Rètroliens / Pings

  1. La nuvola e l’alba | La dimora del tempo sospeso - 03/01/2021

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