S’avalent tour à tour

Poème écrit et calligraphié par Yves Bergeret le 29 août 2020 à Veynes sur deux quadriptyques horizontaux en quatre exemplaires de Fabriano Rosaspina 280 g au format horizontal déplié de 12,5 cm de haut par 70 cm.

Pluie orage et pluie

nuages et montagnes s’avalent tour à tour.

Dans leurs plis les montagnes glissent.

*

Un mythomane de quarante ans

se flattant de se proclamer autiste

se mijote sa tambouille au milieu

du parking des randonneurs.

*

Au bout de la montagne et de la randonnée

au bord du vide où les yeux planent

vers l’épopée et l’immense traversée

arrive pieds nus parmi caillasse et épines

un trentenaire hagard

aux mains recroquevillées

aux pas saccadés irréguliers.

Il hurle à forts bruits de gorge.

On (son frère ?) le retient par le poignet.

*

*

Il hurle des vagissements de nourrisson.

L’angoisse et la joie lui parviennent

des entrailles de la montagne.

Lui remontent par ses longues jambes.

Remontent par ses cordes vocales.

Redistribuent nuages et montagne

dans le mouvement de l’immense traversée.

*

Ainsi naît-il à chaque cri.

Ainsi à chaque cri redistribue-t-il naissance.

*

Vent roche et vent

tenaces s’avalent tour à tour luttent.

Dans leurs plis les êtres humains glissent.

*

*

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