La Maquette (2 La maquette)

Voici la deuxième partie du poème Maquette. On trouve en tête de la publication de la première partie ( https://carnetdelalangueespace.wordpress.com/2020/04/21/la-maquette-1/)  les indications techniques nécessaires.

 On lit en italien ce deuxième épisode de La Maquette dans une traduction ample, fluide et architecturée du poète Francesco Marotta, à cette adresse : https://rebstein.wordpress.com/2020/05/01/il-plastico-2/

YB

 

 

 

L’architecte nous a fabriqué sa maquette,

labeur tenace qu’il a fait, qu’il fait flotter

belle et nécessaire utopie

par-dessus toute tempête,

labeur vaste comme une épopée.

 

Vif et vivant est devenu l’empilement

des strates de carton, féline et fertile

est devenue la maquette dès que les femmes

l’ont chantée : alors, même des entrailles

de la violence, ont jailli les mille couleurs

de l’espérance, a jailli le ruissellement

de la parole par le haut et le bas des rues,

des roches et des jours,

la parole aube.

 

 

*

 

 

Maquette est poème,

poème est maquette,

forte foi future toujours bâtie

de main d’homme, grenier de plein ciel.  

 

 

*

 

 

« Depuis le zénith au dessus de la source

je regarde les rues, je les fais monter et descendre,

je fais se lever et s’abaisser les maisons de carton

comme balançoires où jouent les enfants

très petits encore des femmes qui chantent.

 

C’est moi qui depuis le zénith descends

en contournant les nuages de l’aube

pour en étudier et nommer les contours merveilleux.

C’est moi qui descends jusqu’à l’oreille de l’architecte

et l’inspire en son long projet ;

je lui pressens beaucoup de douleurs

et de joies après qu’il en a déjà vécues tant

car sa vision est de sincérité, de liberté

et d’audace.

 

C’est moi qui inspire et aspire,

qui aspire depuis la source rouge la parole,

elle qui avec l’opiniâtreté des mythes remonte

et traverse l’huile sombre opaque

calcinante mais la parole n’en a pas

la moindre douleur ;

c’est moi qui ensuite lui fais traverser

les strates du carton ondulé.

 

C’est moi qui aspire les bancs de poissons

qui jaillissent du feu noir jusqu’à vers

mon point zénithal avant de retomber

en pluie d’or et de couleurs.

 

Je suis la parole dans la parole,

c’est-à-dire l’esprit des poissons

et la sève de la pensée,

le nerf invisible de l’effort invisible

qui superpose les strates de carton ondulé

et distribue sans compter les couleurs.

 

Je suis l’esprit de la parole qui pivote

autour de la source rouge et fait aller

et tourner le cortège des femmes à grave voix.

 

Je m’habille du chant des gorges des femmes.

La maquette est mon diapason dont vibrent

la pensée, toute personne, tout poème

passé et futur. Je suis la parole dans la parole. »

 

 

 

*

Vibre le carton, s’émeut le carton

enserré dans son intimité

se tend, s’émeut le carton.

*

 

 

« Ma lente origine est l’humain dialogue.

En me débattant en me contorsionnant

en m’écorchant en me blessant

je suis sortie des cris, des hurlements et des haines

et ai peu à peu trouvé la forme

simple et ouverte qui donne sens

et à la personne et au monde.

 

Si on me laisse être claire,

si les aboyeurs sont tenus à distance

je suis le socle nu et invisible

d’où se bâtissent tout lien, toute carène

et jusqu’à l’architecture la plus subtile.

 

Je suis la rosée des hommes et des femmes

se déposant chaque aube sur le réel en furie.

Je suis le regret et le désir du nuage d’aube.

Je suis vous et toi et moi.

 

Si rosée je m’évapore et vapeur

je m’élève jusqu’à mon propre zénith,

je suis toujours humaine et sensible.

Tout dogme me fait pleurer car il tue.

 

Je suis au fond de vous, sève vertébrale,

et à la fois je suis votre zénith.

La source rouge est ma confluence

de vous à moi et de moi à vous, elle est

l’honneur et la joie claire de vous à vous. »

 

 

 

*

Petite maquette déjà ignifugée,

jeune tremplin sculptable,

chaloupe qui est colline et ville,

tanguant sur la violence du monde.

*

 

 

 

 

*

***

*

 

 

Rètroliens / Pings

  1. Il plastico (2) | La dimora del tempo sospeso - 01/05/2020

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