Le Métier de cartographe

 

Poème créé et calligraphié par Yves Bergeret à Veynes le 13 février 2020, sur trois diptyques en double exemplaire (encre de Chine et acrylique, sur papier 200 g Aquarelle Etival de Clairefontaine de 30 cm de haut par 40), et accompagné des photos de trois cartes de la Renaissance.

On le lit à cette adresse : https://rebstein.wordpress.com/2020/02/15/il-mestiere-di-cartografo/  dans une version italienne du poète Francesco Marotta, qui sait combien la carte des langues et des pouvoirs est mobile et, parfois, ouverte.

 

*

 

 

1

 

 

 

 

Il ne serait pas faux de dire

que sa forme est celle de l’air.

L’air visitant non sans quelque tendresse

des poumons, un peu partout,

ici pénétrant dans deux collines boisées

en plein hiver, quand les feuilles

croient être mortes.

 

Il aurait recueilli les routes du ciel

et les auberges où les vents se reposent

avant de retraverser l’océan dans l’autre sens.

 

Il est la mémoire du ciel,

tout ce que les générations ont suspendu

à la voûte, comme des chauves-souris,

le savoir, l’espoir, le grand rite,

le sanglant récit

en ses étapes et ses routes.

 

 

 

 

2

 

 

 

 

Il va par la lisière.

Il trace le bord des falaises

et pousse dans le vide la part de malheur

juste bonne à nourrir les poissons et les crabes.

Parfois il se pousse lui-même dans le vide,

se brise les jambes en rebondissant dans la pente

et reste accroché à un arbuste.

Les mouettes mangent son corps

et crachent dans les vagues ses bouts d’os.

Ainsi rebat-il le murmure et le vacarme du ressac.

 

Sa carte est hérissée de toponymes

car toute lisière tressaute,

enivrée de chaque chute sous l’aisselle

de la moindre falaise,

silex, fossiles, humaines fibules

et tortueux évangiles auxquels nul jamais

n’a cru.

 

 

 

 

3

 

 

 

 

Mais enfin, pourquoi monte-t-il

sans fin des pierres oranges depuis le fond du feu ?

Elles lui retombent sur les pieds.

Qui s’enflamment. Oui, mais c’est tout.

Et il remonte encore ces pierres

les unes par-dessus les autres.

Cela fait des murs. Entre eux

se tortillent des villages nains

traversés par des semi-remorques silencieux

surchargés de troncs de chêne.

 

 

 

 

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*****

***

*

 

 

 

 

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