Parcours lustral aux nouveaux Thermes

 

Séances de travail du 21 au 25 janvier 2020

pour le projet architectural, anthropologique et poétique de construction d’une station thermale

Les lecteurs et lectrices qui savent l’italien sont invités à lire à cette adresse : https://rebstein.wordpress.com/2020/01/27/per-chi-dice-che-la-poesia/ l’introduction qu’Antonio Devicienti propose à cet article; il remarque qu’ici la poésie, loin de s’enfermer dans une tour d’ivoire sait aller dans le réel, sait même le prendre à bras-le-corps. Elle ne se lamente pas. Elle sait nous rendre espoir.

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Dario Lo Bello, jeune architecte de l’université de Venise, et moi nous sommes réunis pour deux premiers ateliers à Paris en novembre (quatre séances) puis en décembre 2019 (quatre séances également). Ce dialogue de création, conjuguant poésie en espace, anthropologie animiste et création architecturale, s’inscrit dorénavant dans le cadre d’une thèse à l’Université d’Architecture de Venise, thèse dirigée par la Professeure Serena Maffioletti ; je suis co-directeur de la thèse.

 

Le sujet concret de la thèse porte sur la conception et la réalisation d’un établissement thermal à Termini Imerese, sur la côte nord de la Sicile, entre Palerme et Cefalu, autour d’une source thermale connue dans l’Antiquité et à haute capacité curative (surtout en pneumologie, gynécologie, rhumatologie). Le futur établissement thermal sera d’un type entièrement repensé par l’apport anthropologique et poétique dès le départ même de sa conception.

 

Pour un troisième atelier de cinq séances je me suis rendu à Venise ce mois de janvier 2020, en particulier pour une longue séance, qui a été essentielle, avec la directrice de la thèse et, bien sûr, Dario Lo Bello, le 22 janvier.

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Mardi 21 janvier : présentation, démontage explicatif et remontage explicatif de la maquette de la station thermale.

 

 

 

L’établissement thermal se situera dans la pente sud d’une colline au bord de la mer, sur une parcelle trapézoïdale boisée légèrement inclinée de 8000 m² qu’encercle sur trois côtés une route montante. Sur le côté ouest a été bâti dans un style éloquent fin dix-neuvième un grand hôtel thermal dans un parc ; hôtel à présent abandonné et vide.

 

 

 

 

Le nouvel établissement sera partiellement en hypogée. On y accède en marchant par un long plan incliné ouvert puis fermé, commençant par une fontaine murale d’accueil. On monte ce plan de pente douce pour gagner la salle d’accueil. Ensuite, sauf à la fin même du parcours thermal, on ne cesse de descendre, plan à plan. Vestiaires et douche initiale. Puis on accède, plus bas, à une grande piscine commune lustrale. Entourée de quelques salles closes de soins spécifiques. Plus bas, accès à une piscine d’eau chaude, puis à des bains de vapeur. Tout est basé sur la parcours curatif, bien sûr initiatique et lustral (avec aménagements spécifiques pour les curistes à mobilité réduite). Quatorze ou quinze « sections » sont prévues dans ce parcours, les « sections » étant sous couverture de forme variée et éventuellement avec à la voute un oculus pour qu’afflue ponctuellement la lumière naturelle ; les liaisons entre « sections » sont sous couverture plate horizontale. A trois reprises on longe, voire pénètre dans des jardins « bois sacrés », faisant jusqu’à 8 mètres sur 10, où afflue une lumière naturelle zénithale. Enfin on atteint en profondeur dans le « corps de la colline » la source thermale elle-même ; ainsi qu’une fontaine où boire le verre de l’eau réparatrice.

 

 

 

 

Puis le curiste remonte par un autre plan incliné doux. A l’issue de celui-ci il trouve d’autres salles fermées de soins spécifiques ; s’il le désire il sort du bâtiment pour monter encore un peu par un sentier dans un jardin ménagé en pente supérieure nord-est où coule une autre fontaine de l’eau thermale.

 

 

 

 

Enfin on traverse (par une passerelle [non encore déterminée]) tout l’espace jusqu’aux vestiaires. Face à la salle d’accueil on trouve alors un « complexe culturel » qui ne pouvait être remarqué à l’arrivée deux ou trois heures auparavant (cafeteria, galerie d’art, salle d’exposition, bibliothèque, deux ou trois petites salles de travail et de lecture [ce type de complexe culturel manquant actuellement à la ville]. Enfin on sort du bâtiment par le plan incliné initial.

 

 

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Mercredi 22 janvier : séance de travail avec la Professeure Serena Maffioletti. Cette séance a été capitale par son dynamisme, son ouverture intellectuelle, sa fertilité d’imagination et de contre-propositions. La directrice de thèse a suggéré à l’étudiant de nouvelles étapes de travail. La soutenance est fixée au 29 ou 30 juillet 2020.

 

 

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Jeudi 23 janvier : à la suite de la séance de la veille, Dario Lo Bello a réalisé au crayon, à l’encre et au pastel sur calque (de 33 cm de large par 310 cm de long) la figuration du fil narratif du parcours thermal que fera le curiste dans l’édifice, avec croquis spécifiques de certaines « sections » de ce parcours. Les croquis spécifiques devant être dessinés avec précision dans les jours à venir.

 

 

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Samedi 25 janvier : Dario La Bello et moi avons inséré sur le rouleau de calque un à un les aphorismes poétiques que j’avais créés en décembre 2019 justement pour mettre en place sur le plan anthropologique, thérapeutique, psychologique et poétique ce « fil narratif – parcours thermal » ; je les avais écrits sous la forme d’une séquence cohérente dans les quatre dimensions que je viens de dire. J’avais remis, à l’aide d’une longue explicitation orale dans ces quatre dimensions, cette séquence à l’architecte à Paris, après l’avoir écrite sur un carnet de travail avec collages. C’était le 10 décembre 2020. On peut lire cette séquence de 39 aphorismes sur ce blog à cette adresse : https://carnetdelalangueespace.wordpress.com/2019/12/14/la-source-thermale-pres-de-la-mer/

Ces poèmes très courts seront inscrits en hauteur sur les murs, aux emplacements adéquats, comme accompagnement des curistes, exhortation, louange, parfois ouverture de leur imagination vers des horizons plus heureux, autrement dit comme lente litanie performative et lustrale.

 

 

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Dimanche 26 janvier : avec Dario Lo Bello, bilan, synthèse et mise en perspective ultérieure ; tout en effectuant nous-mêmes parcours de trois heures, en quelque sorte lustral lui aussi, de toute la partie nord de la lagune de Venise en vaporetto : en passant le long du Lido par le gigantesque chantier encore inachevé des écluses du projet Moïse afin de gérer les flux marins excessifs pour la ville fragile de Venise, puis en changeant de vaporetto à Punta Sabbioni ; retour par les îles centrales de Burano et Murano. Lumière déclinante, vent glacé. Rude parcours depuis le chantier des écluses géantes (au succès non confirmé) jusqu’à l’horizontalité permanente des lieux, jusqu’à l’entêtement des pêcheurs et des habitants des îles.

Avec l’espace, opiniâtrement et précisément dans sa dimension humaine, dialoguent architecture, anthropologie et poésie.

 

 

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Yves Bergeret

 

 

 

 

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4 réponses à “Parcours lustral aux nouveaux Thermes”

  1. tramedipensieri dit :

    Ma che bellezza tutto questo lavoro! Poi, diciamolo, le terme si prestano assai alla poesia, c’è l’acqua – elemento primario – e conseguente rilassamento.
    Ottimo studio di progettazione

    Una bella e interessante condivisione

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