Nouveau portrait de l’architecte

 

Portrait en trois poèmes créés par Yves Bergeret à Veynes le 21 novembre 2019, en double exemplaire sur quadriptyques de Gerstaecker Aquarelle 300 g de 25 cm de haut par 65 cm, à l’acrylique et encre de Chine. 

Il se lit en italien, à cette adresse : https://rebstein.wordpress.com/2019/12/01/architetto-ii-iii/ , grâce au talent de traducteur du poète Francesco Marotta.

 

 

Son premier portrait, au tout début de 2019, se lisait sur ce blog à cette adresse :  https://carnetdelalangueespace.wordpress.com/2019/01/04/architecte/

 

*

 

 

1

 

 

 

 

Je m’enjambe

jusqu’à ma naissance perpétuelle.

 

Dans ma main tient le soleil.

Je ne prends pas feu

mais, voyez-vous, je rebondis

au delà des montagnes obscures.

 

Je m’enjambe

jusqu’à ma naissance future

et j’arrive et m’incarne

en pensée qui découvre et bâtit.

 

 

2

 

 

 

 

Mon corps est meuble,

sable dans l’estuaire.

 

Les vagues du large

aiment le sable.

Le sable a peur puis non.

 

Un rocher dans l’estuaire

c’est mon contrejour

qui cristallise la parole,

heureuse comme le félin des sables

avec une forêt de coraux à son flanc gauche,

à son flanc droit les épisodes à foison

d’une légende plus qu’humaine.

 

 

3

 

 

 

 

Mon âme a la forme d’un pont

juste en amont de l’estuaire.

Chaque rive est brume

apte à toute forme à toute fuite

à tout fortin,

propice aux champs ou aux palais,

complice du puits ou de la scierie.

Chaque rive a trop querellé

la solitude morose de l’autre.

Je trace dans l’air le lien.

Sous mon arche coule la duplice vie

que j’unifie dans le mouvement

du trait qui nomme.

 

 

 

 

 

*****

***

*

 

 

 

 

 

 

3 réponses à “Nouveau portrait de l’architecte”

  1. dario lo bello dit :

    Je trouve la duplication du poème par la falaise en arrière-plan un signe extraordinaire.
    Vous avez la gentillesse d’expliquer ce que représente ce jaune clair qui soutient la parole?

  2. carnetlangueespace dit :

    Ce jaune je l’ai toujours employé dans mes calligraphies pour figurer-incarner la parole mais aussi la lumière heureuse et chaude qui émane de nous si nous cessons d’être des prédateurs.
    Je voudrais ajouter que ce jaune, je le sens comme la figuration de ce que les Toro nomu de Koyo appellent le « wurou », c’est-à-dire l’accomplissement de la parole en travail dans toutes les modalités de la personne et du réel.

    Yves Bergeret

Rètroliens / Pings

  1. Architetto (II-III) | La dimora del tempo sospeso - 01/12/2019

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