Craquements ( quatre poèmes plus trois )

tous créés en double exemplaire sur diptyques horizontaux en format A3, de Tecnico 240 g de Rosaspina, encre de Chine et acrylique, par Yves Bergeret à Veynes, les quatre premiers le 26 septembre et les trois derniers le 3 octobre 2019

et tous traduits en italien par le poète Francesco Marotta dans une version particulièrement humaine et dynamique, que l’on peut lire grâce à ce lien : https://rebstein.wordpress.com/2019/10/19/scricchiolii-craquements/

 

 

 

1

 

 

 

 

« J’ai pris en cisaille l’eau du ciel,

dit cette nuit le vent,

l’ai inversée puis versée

sur la nuque des plus hautes montagnes ».

 

En gelant l’eau en a fait des miroirs erratiques.

Plus aimant que jamais.

 

 

2

 

 

 

 

« Après l’aube je craque, dit l’eau dégelant.

-Après l’aube et après toi, l’eau, je craque,

dit la roche en essayant d’animer son visage de jour.

-Après l’aube et après toi, l’eau, et après toi, la roche,

je craque », dit la montagne éprouvant qu’elle est récit

aux mains caleuses et râpeuses s’appuyant au double fond

de la misère et de la splendeur humaines.

 

 

3

 

 

 

 

Craque le tonnerre.

Le ciel est plein.

il est l’armoire de l’esclave révolté

qui déplace, déplace, déplace son armoire

sur les truismes des maîtres lâches.

Révolte par trébuchement des fers et des bocaux,

fers aux chevilles,

bocaux empilés sur la tête,

bocaux tombent se brisent sur les fers,

c’est le tonnerre qui craque.

 

 

4

 

 

 

 

Le bateau craque.

La maison craque.

Le plateau scénique craque.

La même tempête pour trois,

salvatrice ou naufrageante.

Le même timonier frêle,

oreilles bouchées à la cire,

coeur toujours à l’affût

de la boussole, de la clef

et d’un texte mieux mature.

 

 

5

 

 

 

 

La glu des menteurs voulut

m’entraver les jambes

mais le soleil et moi qui sautons

par-dessus la putride colline académique

rions comme des fous.

 

 

6

 

 

 

 

A coups de gong

à coups de syllabes

à voix profondes

je découds la tunique de ferblanterie

dont mille compromissions

tentèrent d’étouffer mon torse.

 

 

7

 

 

 

 

Plusieurs fois on a sonné à la porte :

il n’y a personne.

 

Encore une fois. Tu dors. J’ouvre.

Au sol les traces

des semelles et du sang de la solitude.

 

 

 

*****

***

*

 

 

 

 

 

 

 

 

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  1. Scricchiolii/Craquements | La dimora del tempo sospeso - 19/10/2019

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