Torrent

poème en dix brèves strophes écrit par Yves Bergeret le lundi 27 mars 2017 sur la rive du Bez à Chatillon en Diois, calligraphié avec collages, lavis et acrylique en deux exemplaires à Die jusqu’au 3 avril 2017 sur livret allemand de 16 cm de haut par 20.

1

Le torrent court lâcher à la mer

la pesanteur,

lâcher son talent à désastres par tonnes.

2

Le torrent ronge l’humus grenu de ses rives.

Les racines dénudées ballottent

dans le vide pour rien :

le torrent n’est pas la sève ordinaire.

 

3

Le torrent tonitrue.

Des galets du fond roulent gris,

clament brassent.

Bourdon de quoi ?

4

Le torrent est mon témoin immature

sans tendresse.

5

Sur un bloc de sa rive chaude

je grimpe comme je peux

pour prendre à deux mains le bas de son lit

et le relever tout en haut.

Bien sûr l’eau dégringole à rebours.

 

6

L’eau qui file à rebours

est la retraite du grand sarcasme,

l’avalanche sans deuil.

7

Le ciel dépêche des trains de nuages très gris

pour colmater

pour épuiser le sarcasme

pour traquer l’hémorragie.

 

8

Les nuages froncent, vont rire.

Les nuages acclament

que j’aie renversé le lit.

9

Les nuages remettront la montagne

dans le trou de la source.

 

10

La montagne sera

lisse ou plate

et bleue.

04 Confluent Bez & Drôme, 29 mars 2017

 

*****

***

*

*

 

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3 responses to “Torrent”

  1. Antonio Devicienti says :

    Poèmes du retour et d’un nouveau temps, poèmes d’une saison difficile, mais qui prétend un nouveau commencement: « je grimpe comme je peux » est, en soi, une déclaration de poétique et une vision, claire, de la réalité; les racines dénudées possèdent la faiblesse et l’incroyable force qui nous caractérisent.

  2. Anne MICHEL says :

    Inimitables « Petits poèmes tranchants » ! On dirait le Jeu des Perles de verre mais les perles sont des larmes à regarder le torrent sans pouvoir partir avec son eau vagabonde.

  3. veron says :

    Je n’ai jamais été attirée par les torrents, peut-être parce que leur berge ne m’a pas paru accueillante ou bien parce qu’un orage peut changer leur visage et les rendre dangereux… La description que vous faites est pour moi poignante. La fin du poème apaise car il existe une source : rien n’est plus beau et plus consolant qu’elle, que d’en trouver une et s’y abreuver car on s’abreuve toujours à une source, elle appelle toujours à la vie. Enfin le poème s’achève avec la couleur bleue, la douceur même, celle qui est toujours là présente à côté de nous .

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