Mail d’hier soir, d’Anne Michel

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La Ville, d’Anne Michel, 25 cm x 32, technique mixte sur papier, 2012

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Jean Teiller, c’est vraiment bien ce qu’il écrit dans la présentation du blog, concernant la langue-espace, c’est très clair.

J’aime beaucoup relire des textes, le soir, avant de me coucher.

 

Le métro passe sur l’espace-de la langue aérienne (sur les ponts métalliques), le café des Wallons est fermé depuis longtemps, la lune est brillante et pointue, une étroite fente dans le bleu de la nuit.

Dehors, la petite cour est froide et déserte. Sur le boulevard, le Monop’ a baissé son rideau métallique depuis une heure. La vieille Rom toujours assise au même endroit sur une caisse qu’elle s’est aménagée en banc, est partie, j’ignore où. Elle laisse souvent bien pliées quelques fringues sur ce petit banc de fortune adossé au grillage des mini jardins sur le trottoir, vivement l’oxygène !

Et abandonne son balai, posé au sol, en long. Ses yeux rougis, exorbités, regardent inlassablement les gens passer, mémés et pépés du coin, touristes fagotés n’importe comment, enfants qui zigzaguent sur leur skate-board.

Et les chevilles des poètes, tandis qu’ils dorment, roulent doucement leurs muscles délicats pour y faire revenir le sang, la force et la souplesse.

 

Ne cours pas tant dans la froide avenue, clopin-clopant la nuit avance, les rats dans les égouts couinent dans l’eau souillée, ainsi va le corps de la Terre, avec ses avoines et ses créatures, son grand plafond désert et le triste souvenir du lamentin du Jardin des Plantes assassiné par des plaisantins cruels.

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Lumières de la ville, d’Anne Michel, 22,5 cm x 16,2, technique mixte sur papier, 2010

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Pour connaître l’oeuvre d’Anne Michel : annemichel.fr

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2 responses to “Mail d’hier soir, d’Anne Michel”

  1. veron says :

    en lisant le titre on pourrait lire mal d’hier soir.L’auteur a mal pour les autres ,pour ce qu’ils font d’eux-mêmes et de la création;Les couleurs et les dessins illustrent cela.Mais le metro parle de sa langue aérienne ,les chevilles des poètes roulent doucement leurs muscles délicats .L’auteur est en contact avec la vie :le sang ,la force et la souplesse.Ce texte me fait penser au vers de Verlaine :l’espoir luit comme un brin de paille .

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