Avant Carène, à Catane en Sicile, 17 octobre 2016
En attendant la parution bilingue italo-française du Poème Carène, magnifiquement préfacé et traduit par Francesco Marotta, voici deux quadriptyques créés par Yves Bergeret, le 17 octobre 2016 sur papier Canson 220g de 65 cm sur 25 cm en deux exemplaires à Catane après avoir passé la veille sur les quais du port, ses gestes d’acrylique ayant été posés en juillet 2016 dans une séance de travail dans le lit de galets de la Sure, près de Die.
1
Celui-là, qui est jeune,
est descendu de sa petite montagne
du centre arriéré de l’île
et dans son sac il a mis ses outils de charpentier,
une foi d’herbes vives et de vent,
une soif de vivre ;
et il arrive au port.
Dans une barque pourrie il l‘avait déjà atteint depuis très loin, ce port,
forçant le destin clos qu’il rejetait.
Car lui est bâtisseur.
2
Celui-ci, qui est vieux,
est aussi descendu de sa montagne très lointaine,
calcaire et forêt d’ours et de loups,
et par l’avion il est venu,
cheville brisée, il est encore une fois venu,
et dans son sac il a mis l’encre
et la pâte à papier de son prochain livre,
avec stylo, crayon et avec une certitude :
la parole est le cœur de l’outil des bâtisseurs.
Celui-ci, qui boîte : c’est moi.
Et celui-ci arrive aussi sur le port
et cherche avec le premier, le jeune,
où lever un chantier naval
pour une grande carène.
Ce poéme.me.touche.beaucoup.Cette rencontre est très émouvante .le.temps.a .passé.Lejeune n’est plus,l’homme,démuni,Il .posséde.l’essentiel.la foi..la.soif.de.vivre,la.légèreté et la force.Le vieux.est déjà.fragilisé.mais.rien.n’a.pu entamer,sa,foi,en,lavie,en,la.parole.Au lecteur,il.reste.à.se.rememorer,chaque,jour,ce.texte.Le temps n’a.pas.défait.l’essentiel..Ce.texte donne.beaucoup,de.courage,