L’Aigle et le galet

Cycle de dix poèmes d’Yves Bergeret écrits sur le lit de galets du torrent à Châtillon en Diois et à Die du 23 au 25 septembre 2016 sur un petit livret allemand de format horizontal de 20 cm de haut sur 16 cm de large, en quatre exemplaires, avec acryliques et collages (dont des fragments d’un cahier de comptes de 1909 & d’un carnet, sans doute de comptes aussi, de 1877).

01-chatillon-3-24-septembre-2016

 1

Avec la beauté foudroyante

qu’au bord du plus haut du ciel

me tendent grises et jaunes les falaises

je fais au bord du torrent mon lit d’épines et de lin.

*

 

2

A la renverse sur une roche ronde

je regarde le ciel

et les nuages bouleversant

leurs formes.

*

01-rimg0463

3

Certaines gouttes de pluie

touchent l’arrière de mon épaule.

*

 

4

Une aboyeuse très teigneuse

trépigne au bout de la plaine pour que je la voie.

De l’intelligente et heureuse j’aime le libre pas.

*

 

5

Je vois ce que travaille le torrent,

qui est l’enfant intime du ciel,

l’enfant roulant phobies et joies

des pays et des villes de tous les angles du monde.

*

02-chatillon-5-24-septembre-2016

6

Un aigle à trois mille mètres glisse

en frottant son dos aux nuages,

coud mon corps, m’enchante, me découd

à grande ponctuation du fil de lin

qui plonge à chacun de mes vers

dans le lit d’épines où je vis.

*

02-rimg0466

7

La phrase du torrent,

je la lis vers l’amont.

*

03-chatillon-8-24-septembre-2016

8

S’assombrit

le nuage qui s’accroche au sommet,

entendant gémir

la foule des esclaves en Chine ;

la douleur lui rougit le cœur

et ses larmes vont tomber,

il est gris très sombre.

*

03-rimg0469

9

J’évalue mal l’altitude du passereau.

*

04-20160829_113757

10

A la beauté impudique tout au bord du ciel

le galet qui roule au fond du torrent

redonne sang, humanité, soif

de comprendre, de dire.

*

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4 responses to “L’Aigle et le galet”

  1. Antonio Devicienti says :

    Cher Yves,
    je viens de lire un véritable chef d’oeuvre. MERCI.

  2. vengodalmare says :

    La « phrase du torrent » je l’écoute dans votre chant. Merci encore.

  3. veron says :

    Ce poème questionne par sa radicalité ce que nous faisons de nos jours .Je lis une grande puissance de contemplation ,au sens de connaissance de la vie dans son absolue beauté et aussi dans la douleur.La srophe 6 tout particulièrement crée une sorte d’inquiétude .car cette perfection de vie ,ce dialogue entre l’aigle et le galet ,suggèrent un tel détachement,que je me demande si vous allez rester.ou vouloir rester parmi.nous .

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