L’Homme-onde, avec Dembo Guindo, juillet 2016

01 Koyo, de Boni, 1, février 2009

1 20160705_151141

Sur un tout petit carnet de 8 cm de haut sur 7,5

préparé en août 2009 avec des dessins à l’encre de Chine et au piquant de porc-épic par Dembo Guindo – avec qui travaillait le poète – cultivateur du village Toro Nomu ( la plus orientale des neuf ethnies dogon ) de Koyo, au nord du Mali,

cycle de dix-sept aphorismes écrits et peints en deux exemplaires le 5 juillet 2016 à Die par Yves Bergeret

Comme Belco, Dembo est également « zumgun », chanteur des rites secrets de grand passage pour la circoncision et l’enterrement. 

Ces poèmes, comme ceux des deux petits carnets précédents (avec Belco Guindo & Yacouba Tamboura) se lisent en italien, traduits par le poète Francesco Marotta à l’adresse suivante :https://rebstein.files.wordpress.com/2016/07/yves-bergeret-sable-pierres-onde1.pdf

 

02 06 Jardins Koyo Bissi 1 fevrier 2008

03 Tin Piri Koyo 2 fevrier 2008

04 21-7 08 Banda

Oiseau, son, bond,

va l’homme-onde.

*

Le sombre recule,

la mort recule

dans le chant de l’homme-onde.

*

2 20160705_151210

Les points cardinaux

éprouvent aussi un sentiment

de liberté.

*

L’homme-onde sait coucher

sur le flanc une montagne.

Il devient sa grotte préférée.

*

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L’axe de la montagne

vibre.

L’homme-onde est sa vrille.

*

De la graine vrillant sa route

vers l’air libre

l’homme-onde apprend

enseigne le rire lumineux.

*

L’archipel dans l’infini de l’eau salée

remercie l’homme-onde

d’être parti à temps, avant la guerre.

Avant l’eau et le sel.

*

Maigres chevilles,

fines attaches,

muscles puissants,

l’homme-onde sait par cœur

l’épopée des falaises.

*

5 20160705_151350

Ni cave ni cour ni dédale,

l’homme-onde se choisit la crête

pour vivre. Il est un noyau rouge

de datte, au bord du vide preux.

*

Il chante,

il est chanté,

il reprend souffle

dans le chant sans début ni fin.

Il mourra dans un bond sans chute.

*

6 20160705_151426

De toute semence

par toute semence

depuis toute semence

il prend le large

et le rend.

*

7 20160705_151435

L’homme-onde

dilate la pupille du monde :

éblouissante beauté.

*

Le théâtre est la montagne

qui se penche en fleur enivrante.

L’homme-onde est son parfum.

*

8 20160705_151512

Puis la montagne dilate sa pupille

et emprunte le pas de danse

de l’homme-onde.

*

« La montagne est ma maison

d’air sonore et de vent minéral.

Du nid de graines de son cœur

à chaque chant je renais,

une hache à la main gauche. »

*

L’eau et le chant

n’ont ni début ni fin ;

la vie choisit le damier

qui est le corps noir et noir

de l’homme-onde.

*

L’homme-onde pose sa tête

sur le ventre de la montagne

et s’enroule dans son sommeil.

*

05 Bondama 34, encres et transmissions, 18 février 2009

07 Bondama 76, encres et transmissions, 18 février 2009

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3 responses to “L’Homme-onde, avec Dembo Guindo, juillet 2016”

  1. veron says :

    un texte éblouissant qui dit l’éclatante et simple beauté de vivre .les photographies sont prenantes et la nudité des paysages irradie le même éblouissement,C’est un cadeau précieux que de recevoir ces deux poèmes et le montage qui les accompagne.Ils évoquent une source inconnue dans un pays oublié mais dont obscurément on connaît l’existence .La vie s’accomplit dans sa totalité .Il en émane grande joie empreinte de sérénité.qui nous imprègne de son évidence solaire.

  2. veron says :

    Un texte éblouissant :Les photographies de ces terres dénudées disent le même éblouissement .Ce p oème révèle que la vie peut s’accomplir dans la beauté et la sérénité d’une évidence solaires .Merci pour ce cadeau

  3. Anne MICHEL says :

    Je comprends que vos  » petits poèmes tranchants » attirent de la visite.

    Je viens de lire ceux de l’Homme-onde. Ils forment une sorte de conte, comptine pour initiés mais aussi pour des personnes moins savantes.
    Il coule d’eux une fraîcheur tout à fait réjouissante, une grande fluidité.
    Tout du long court un sens qui joue avec l’esprit, avec la vie, avec la liberté.
    Tout cela énoncé simplement, une virtuosité hors de toute pose.
    Il y a vraiment là un style particulier à vous, et qui parle comme le ruisseau bondit.
    Je pense que les photos épousent parfaitement ce courant de poésie fraiche
    et arriment encore davantage notre contact aux oeuvres du poète et
    du  » zumgun  » Dembo.

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