Archive | novembre 2015

Le Dialogue, hommage aux assassinés

Hommage aux assassinés du 13 novembre 2015 à Paris

 

D’une main je ne peux cultiver

Proverbe des Toro nomu (dogons) du village de Koyo, nord du Mali : premier proverbe chanté-dansé par huit femmes âgées lors des cérémonies animistes nocturnes, devant tout le village, en saison sèche. Son sens : « il faut toujours être au moins deux : deux mains pour tenir la houe, deux époux, deux la poésie et la peinture, deux la roche et l’eau, deux du dialogue car il est la base du réel ».

Cette double main, en bleu et en blanc, se voit en haut d’une peinture murale d’Hamidou Guindo, peintre-paysan de Koyo, faite à Die en juillet 2005

juin05 D'une main je ne peux cultiver & meuble chinois paysan

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Ka timnuda / tegu a soro / tegu aïmda : bouche ouverte / on a volé la parole / la parole est détruite

Si tu parles inconsidérément, la parole, qui est le réel, se voit détournée et le réel s’effondre

Proverbe des Toro nomu (dogons) du village de Koyo,  Mali 

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Il n’ y a que mon semblable, la compagne ou le compagnon, qui puisse m’éveiller de ma torpeur, déclencher la poésie, me lancer contre les limites du vieux désert afin que j’en triomphe. Aucun autre. Ni cieux, ni terre privilégiée, ni choses dont on tressaille.

Torche, je ne valse qu’avec lui

René Char,  in La bibliothèque est en feu

 

Non c’è che il mio simile, la compagna

o il compagno, che possa svegliarmi

dal torpore, far scaturire la poesia,

slanciarmi contro i confini del vecchio deserto

affinché io li superi. Nessun altro.

Né cieli, né terra promessa,

né cose che fanno trasalire, lo possono.

Torcia, è solo con lui che io danzo.

René Char,  in La bibliothèque est en feu, traduction Francesco Marotta

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Maya Mémin, estampe 70 x 100 cm, 2014

Estampe de Maya Mémin, 70 x 100 cm, 2014

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In questo mondo colpevole che solo compra e disprezza, il piu colpevole son io, inaridito dall’amarezza

Dans ce monde coupable qui ne fait que vendre et mépriser, le plus coupable c’est moi, desséché par l’amertume

Pier Paolo Pasolini

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KROK VPŘED?

Zničehonic nějaký výkřik,

zvnitřku i zvenku mužský výkřik,

zatímco náporem větru skřípí

vývěsní štít noci… Ten výkřik

v mazanici deště je daleký,

ale jako by byl u tebe…

Je tomu tak? Málem…

Vladimír Holan, ze sbírky Sbohem?

UN PAS EN AVANT ?

Tout d’un coup un cri,

de l’intérieur et de dehors un cri d’homme,

tandis que sous le vent grince

l’enseigne de la nuit… Ce cri

dans le gribouillis de la pluie vient de loin,

mais comme s’il était avec toi.

Vraiment ?… Presque…

Vladimir Holan, du recueil Sbohem ? (Adieu ?)

UN PASSO AVANTI ?

All’improviso un grido,

dal di dentro e dal fuori un grido d’uomo,

mentre sotto il vento scricchiola

l’insegna della notte… Quel grido

nello scarabacchio della pioggia viene da lontano,

ma come se fosse con te.

E cosi ?… Quasi…

Vladimir Holan, dalla raccolta Sbohem ? (Addio ?)

     Traduit en français et en italien par Jiri Pelan

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Estrop YB 1994 01

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Adna mbokin oo

O bogo xangaa teen o xool

Ndaa o xawangaa teen o laj, te gef, foofle sil wiin we

Le monde est une jarre collective : si tu te laves avec son eau, tu es propre ; mais si tu lui donnes un coup de pied, elle te blesse, se casse, et l’eau éclabousse tous les autres

Proverbe sérère (Sénégal) collecté et traduit par Mbougar Sarr

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面朝大海,春暖花开

海子

从明天起,做一个幸福的人

喂马、劈柴,周游世界

从明天起,关心粮食和蔬菜

我有一所房子,面朝大海,春暖花开

从明天起,和每一个亲人通信

告诉他们我的幸福

那幸福的闪电告诉我的

我将告诉每一个人

给每一条河每一座山取一个温暖的名字

陌生人,我也为你祝福

愿你有一个灿烂的前程

愿你有情人终成眷属

愿你在尘世获得幸福

我只愿面朝大海,春暖花开

DEVANT LA MER, AVEC DES FLEURS DU PRINTEMPS, TOUT OUVERTES

A partir de demain, je serai un homme heureux

nourrissant des chevaux, fendant du bois, courant le monde.

A partir de demain, je soignerai rizière et potager.

J’ai une maison, devant la mer, avec des fleurs du printemps tout ouvertes.

A partir de demain, j’écrirai à chacun de ceux que j’aime,

et leur dirai mon bonheur.

Tout ce que m’a dit l’éclair heureux,

je le dirai à chacun d’eux.

Et donnerai un nom rayonnant à toutes les rivières, à toutes les montagnes.

Étrangers, à vous aussi je donnerai ma bénédiction.

Je vous souhaite un avenir fécond,

je vous souhaite un amour éternel,

je vous souhaite le bonheur terrestre.

Je ne veux qu’être devant la mer, avec des fleurs du printemps, tout ouvertes.

Hai Zi (1964-1989), traduction Zhang Bo & Yves Bergeret

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En tombant sur la vie des autres ma vie (un petit fragment de ma vie), y laisse un trou.

Quelqu’un pourrait, en ajustant son œil à cet endroit, y voir en permanence une mer ténébreuse et une jeune fille qui s’envole de gauche à droite, et se dissout dans l’air

Odysseas Elytis, in Journal d’un invisible avril

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Incipe parve puer risu cognoscere matrem

Commence à connaître ta mère, petit enfant, par le sourire

Virgile, in quatrième Bucolique

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Fresque HGDie1juin05 D'une main je ne peux cultiver

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La montagne bouge et joue : deux dessins (+ 1) de Soumaïla Goco [1]

 Deux dessins de juillet 2008 au stylo à bille et crayon de couleurs sur papier quadrillé de format A4

présentés par Yves Bergeret

( l’ensemble se lit en italien, traduit par Francesco Marotta, grâce à ce lien : https://rebstein.wordpress.com/2015/11/12/ricordo-di-soumaila-goco/#more-74417 )

Panorama1Bonifev01 L’oasis de Boni en février 2001

Dès la deuxième année de mes séjours dans le Nord du Mali, en 2002, il se dégagea très nettement que le dialogue de création le plus fécond entre le poète lecteur d’espace que je suis et les poseurs de signes des montagnes désertiques de cette région se déroulerait dorénavant avec le village de Koyo, en haut de sa montagne tabulaire ; il est de l’ethnie dogon Toro Nomu. Ce peuple très minoritaire s’était replié depuis un demi millénaire dans ces montagnes isolées pour résister à l’invasion progressive des Peul, nomades islamiseurs et éleveurs vivant dans les sables avec d’immenses troupeaux et de très nombreux « captifs » ; asservis et traités en cultivateurs sédentarisés autour de quelques puits ces « captifs » s’appellent tous Tamboura. Certains descendent d’ailleurs de Toro Nomu enlevés enfants dans le piémont des montagnes.

Nissanata 1, juillet 2003

Nissanata, juillet 2003

Jusqu’en 2009 le dialogue de création que j’ai pu réaliser avec les Toro nomu  se développa dans des formes extraordinaires ; en particulier les Toro Nomu me transmirent une initiation complexe à leur culture, dont la base est un système de pensée et une ontologie en acte d’une très grande profondeur.

Or l’équipe des cinq poseurs de signes Toro Nomu et moi s’était à mon initiative adjointe un Tamboura, Yacouba, d’une famille asservie seulement deux ou trois générations plus tôt ; Yacouba au fil des années, travaillant avec nous, se réappropriait une culture, une langue et une mémoire qui lui étaient en fait restées proches. Yacouba habite un village de « captifs », Nissanata, dans la plaine sableuse entre la montagne de Koyo et une autre, abandonnée de ses habitants Toro Nomu il y a un siècle. En saison sèche, la plupart des familles tissent ; en saison des pluies, juillet et août, on cultive des céréales pauvres. Un voisin de Yacouba était, en outre griot et devin. C’était Soumaïla Goco. Du même âge que moi. Très vite Soumaïla Goco a perçu l’importance du dialogue entre Koyo et moi ; il nous a observés, il nous a moqués et surtout il nous a beaucoup loués et chantés. Soumaïla était un griot à la langue bien pendue ; il était très connu, redouté et respecté dans toute la région. Les Toro Nomu ne l’acceptaient pas sur leur haut plateau ni au village même de Koyo. Pourtant Soumaïla Goco, outre de chanter à voix très forte et magnifique nos actes et nos créations, voulait « apprendre ».

Portrait de Soumaïla Goco Tamboura, à Bucutu, février 2008

Soumaïla Goco Tamboura, février 2008

Une nuit de l’été 2007 que je dormais à la belle étoile au milieu de notre équipe dans le village des « captifs », Soumaïla, homme toujours impatient et enflammé, me réveilla brusquement : il me demandait de l’argent car il avait vu la veille au marché hebdomadaire de l’oasis, Boni, à deux heures de marche de là, un marchand ambulant vendant de petits enregistreurs-lecteurs de cassettes magnétiques à piles. A l’aube il me réveilla en exultant pour me donner un petit paquet. Dedans la cassette de son chant griotique racontant tout notre dialogue et la vision (passionnante, je dois dire) qu’il en avait.

Maison de SGT, Nissanata, juil03

Maison de Soumaïla Goco, février 2003

De 2002 à la fin Soumaïla me donna ou vendit de nombreux dessins sur papier quadrillé dont il me faisait comprendre les usages initiatiques et les significations dans la pensée d’un très turbulent « captif ». Il faut dire que personne ne dessinait jamais de la sorte, les initiations étant exclusivement orales. Si on veut chercher une influence formelle dans ses dessins, la seule est celle des tissages du village, non figuratifs, constitués de lais très étroites ensuite cousues ensemble ; ainsi se tissaient des damiers allant jusqu’à un mètre sur deux.

Les dessins de Soumaïla Goco ne pouvaient m’être remis qu’avec leur profération vocale, dans une langue Peule d’ailleurs magnifique par sa virtuosité rhétorique et sa puissance métaphorique, aux dires des peintres de Koyo dont je parlais la langue ; je ne parlais pratiquement pas le Peul, mais eux le parlaient tous. Soumaïla Goco m’adressait ses dessins, qui avaient envers moi une fonction personnelle de formation et d’initiation (au monde des « captifs » de Peul) en réciprocité de celles que les Toro Nomu de Koyo lui donnaient à lui et à son voisin Yacouba. En 2009 j’ai dû cesser mes voyages en raison de la violence croissante de nombreux Touaregs dans la plaine, bandits de grand chemin puis preneurs d’otage. En 2012 Soumaïla Gocio est mort suite à une altercation violente avec certains d’entre eux lors de l’occupation désastreuse du nord du Mali.

SGT(en bleu) chantant les peintres de Koyo 1, juillet 2007 à Bandagiérin

SGT(en bleu) chantant les peintres de Koyo 2, juillet 2007 à Bandagiérin

Soumaïla Goco (en bleu) chantant les peintres de Koyo à Bandagiérin, juillet 2007

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Je présente ici deux dessins de 2008, tels que mes les a commentés Soumaïla Goco et tels que je les comprends.

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Le «génie» qui écarte les montagnes

SGT devin tirant les cauris, Lamasaga, 20 février 2009

Soumaïla Goco, devin tirant les cauris dans une grotte de Lamasaga, février 2009 

Tous les personnages dessinés par Soumaïla Goco Tamboura s’étirent fortement des pieds à la tête et semblent des troncs d’arbre raides et rectilignes. Ils “ expriment ”, au sens étymologique, une verticalité puissante et croissante. Ils tirent la surface de la feuille avec eux ; ils étirent l’espace. Ils paraissent tous plus grands “ que nature ”. C’est souvent le propre de l’orientation épique dans l’énonciation performative ou dans le dessin également performatif.

La dynamique constante et la pression permanente d’énergie se voient très bien dans le dessin de juillet 2008 où Soumaïla Goco me dit qu’il figure : “ le grand «génie» écarte toutes les montagnes ; à sa gauche son couteau ”.

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De forme humaine le «génie» ouvre en l’air et en diagonale ses courts bras. Afin de tout entendre ses oreilles sont énormes. Des épaules aux jambes son corps noir est épais comme un tronc de baobab adulte ; mais en même temps son torse est un triangle rouge incandescent avec la pointe en bas cachée sous un énorme nombril orange. Sous sa taille étroite un triangle inversé bleu semble une jupe ou un tablier (de sacrifice ?). Le «génie» se découpe sur un fond blanc, celui du papier quadrillé où il est dessiné, qui est aussi bien le ciel que, plus vraisemblablement, la plaine de sable sur laquelle ne figurent que quatre nombres de divination aux cauris ; or à sa droite Soumaïla Goco a dessiné un énorme couteau, en maillage de traits noirs et rouges, maillage entouré d’un très fort cerne rouge. Ce couteau est aussi grand que le corps du «génie». Il sert aux sacrifices. Son contour est le sang. C’est pour dire combien les grands sacrifices sont opérés pour les grands «génies» animistes ou, plus exactement, sont opérés par les grands «génies» dont le sacrificateur humain n’est que l’initié et le prête-main.

Lorsque Soumaïla Goco me dit qu’ici “ le grand «génie» écarte les montagnes ”, il le dit au sens performatif de cet indicatif présent. C’est l’équivalent du perfectif des verbes slaves ou de l’aoriste grec. Le dessin montre les montagnes en train de s’écarter. Elles encerclaient le «génie». Celui-ci écarte ses bras et les montagnes reculent, rythmiquement plissées en frises de triangles noirs, orange et bleus. Dans la géologie et l’histoire locales ce dessin épouse le fond animiste pré-musulman des Peul de la région : les montagnes de grès de cette région sont en réalité séparées les unes des autres de plusieurs kilomètres par la plaine de sable qu’elles ne cernent jamais. Les montagnes de grès ont été habitées par les Toro nomu, grands féticheurs aux puissants pouvoirs magiques que les Peul redoutent encore. Le seul village d’altitude reste Koyo, cœur de la pensée Toro nomu, qui n’accepte pas Soumaïla Goco. Même si les Peul dominent féodalement la plaine ils craignent toujours les “ gens d’en haut ” ; ce dessin montre le “ grand «génie» ” dont les Peul, les maîtres de Soumaïla Goco, ont besoin pour se protéger des sortilèges des gens de montagne.

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Le «génie» maître du Haïré

Nissanata 2, 20 février 2009

IMG_1056

Dans un autre dessin spectaculaire de juillet 2008, Soumaïla me dit qu’il figure “ le grand ancêtre Peul de tout le Haïré ”. Ce mot Haïré est Peul et a ici deux significations. Il signifie “ la montagne ” ; et c’est avec lui que l’état malien appelle la région administrative : le “ cercle du Haïré ”, dont la sous-préfecture est Boni, l’oasis dans le sable, en effet à dominante ethnique Peul. L’oasis est chaque jeudi le lieu d’un des grands marchés aux bestiaux du Sahel ; les plus grands connaisseurs du bétail, bovin, sont les Peul, dont avec fierté leur aristocratie possède d’énormes troupeaux. Or dans l’ensemble de son œuvre graphique les bovins tiennent une place minime. Mais qui est donc Soumaïla Goco Tamboura ? Un simple griot Peul, attaché à son maître, Ganaba, et surtout à la famille Peul dominante des Dicko de Boni ? Quand il dessine ici “ le grand ancêtre Peul de tout le Haïré ” il crée une figuration étrange, syncrétique, hybride ou mutante (je ne sais comment dire) où le grand ancêtre est le maître des montagnes : pouvoir perdu des Peul sur les montagnes tabulaires de la région ? utopie d’une unique plaine de grès dur, dont la plus grande partie de la surface s’est effondrée et constitue l’actuelle plaine de sable ?

Dans ce dessin étrange et assez visionnaire il faut le dire, Soumaïla Goco accompagne le grand ancêtre de signes déconcertants : entre sa tête et ses épaules (ou coudes ?) figurés en triangles carmins, il fait jaillir deux fanions de pirogues du fleuve Niger, apanage traditionnel des nomades Bozo de ce fleuve ; et en effet Soumaïla Gogo les voit en se rendant occasionnellement à Mopti, port fluvial, à trois cents kilomètres. Dans ces fanions des S ou des 5. Sur d’autres dessins Soumaïla me montre que c’est ainsi qu’il dessine les fanions de pirogue. Pourquoi en a-t-il dessiné ici ?

Or au bout de ses deux pieds le “ grand ancêtre ” touche (et pousse ?) deux ballons de football. Le motif des ballons de football est très net dans plusieurs dessins. En 2002 le Mali avait accueilli la grande compétition de football du continent, la CAN, Coupe d’Afrique des Nations. Le prestige immense de cette compétition de football, jusqu’au fin fond de la brousse, a créé un nouveau “ génie ”, le footballeur, dont les pieds et le ballon sont des éléments magiques capables de prouesses extraordinaires, et pas seulement dans le monde de la prospérité économique. L’animisme, qui est polythéiste, a toujours de la place pour de nouveaux dieux et ignore l’intolérance et le dogme. Il n’a en outre pas la pensée du temps, dans le sens de l’évolution historique et le “ grand ancêtre Peul ” peut sans aucune difficulté devenir un footballeur, et même avec deux ballons.

De part et d’autres du “ grand «génie» ” Soumaïla Goco a dessiné, comme éléments rectangulaires aisément annulables, huit maisons Peul ; mais les Peul sont avant tout des nomades. Au bout de la main gauche de son personnage il a dessiné un instrument que je ne comprends pas. Mais qui se trouve dans de nombreux dessins. Une sorte de trident noir, dont les trois dents finales ont elles-mêmes des “ sous-dents ”. Quand je demandais à Soumaïla Goco ce qu’il avait dessiné là, il ne me répondait pas, soit que je n’étais pas assez initié pour recevoir cette information soit que je n’y avais pas prêté attention un jour ce qui pouvait exaspérer Soumaïla Goco, toujours impatient, énergique et hypertendu. L’instrument est rituel, sans doute ; il me fait penser à une sorte de fouet à double, voire triple “ queue ” que j’ai vu entre les mains de danseurs initiés songhaï, des “ holé bari ” [chevaux de «génie»] dans des villages à Hombori lors des cérémonies de transes où les “ hole ” [ les «génies» » ] répondent aux questions des participants. Or il arrive que ces cérémonies se tiennent aussi à Boni ; et même si les Peul sont d’abord musulmans. Ce qui est sûr c’est que ce dessin de Soumaïla Goco est particulièrement intéressant dans son syncrétisme réel ou désiré.

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Nissanata 3, 20 février 2009

Nissanata, en février 2009

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Et voici un autre dessin, de juillet 2007.

Vache de Lamasaga, juillet 2007

Soumaïla Goco me dit : « je te dessine la vache donnée par le grand chef Peul de la région une année de famine il y a plusieurs siècles à cinq petits villages dogon Toro Nomu. Sous le pis de la vache, tu vois la jarre pour son lait et le chef Peul avec son grand bâton rituel. En haut à gauche ces cinq villages Toro Nomu. Ils sont en haut de la montagne qui domine mon village. Ils sont abandonnés depuis longtemps.»

Lamasaga 49, U 573, 20 février 2009

Soumaïla Goco, en février 2009

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L'oasis de Boni, février 2009

L’oasis de Boni, février 2009

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