La veste trouée (deuxième journal tchèque)

Poème peint en douze parties chacune sur un diptyque de format A3 paysage (dont deux sans texte) créé à Prague puis à Cesky Krumlov du 21 au 26 novembre 2012 le tout en cinq exemplaires numérotés et signés.

Yves Bergeret

*

Diptyque 1

          IMG_4504

Légères coupoles, voiles enflées

sutures et cicatrices

langues divorcées tournant en manège

dont parfois s’enfuit tel dialecte

Chante kiosque qui fédère et disperse

corps et mots, liens et sauvageries

qui ne s’amarrent

qu’à des sculptures tordues ou raides

adossées au fleuve ou à des retables luisants

*

 Diptyque 2

 IMG_4507

Autrement qu’avec les doigts blancs

et les yeux clairs de la parole

qui trépigne dans les semences

peut-on recoudre la veste du dieu qui s’effiloche,

ravauder la ville dont l’âme fuit par les quais,

repriser le drap glorieux que la musique

s’éveillant en sursaut projeta en plein couchant ?

*

Diptyque 3

 IMG_4508

Hommage à ceux qui marchent lentement dans la gare,

à ceux qui attendent le tram en regardant les mouettes,

à ceux qui escaladent les citadelles de leur passé avec grâce

ils n’ont pas d’appartenance

sur leur épaule Est vient se poser l’ancien poids du monde

et sur celle de l’Ouest le contrepoids d’un orgueil

qui bégaie dans des langues

*

Diptyque 4

 IMG_4510

Le magma bourdonne

la baleine chante

le volcan gronde

sur ses branches mortes la ville pose

sur ses pylônes et ses clochers la ville pose

l’autre partition dont chacun émeut

une mesure quand même brute

*

IMG_4513

*

Diptyque 5

IMG_4514

L’aveugle qui chante en buvant une bière à l’aiguillage

reprend les amours concentriques

des voyageurs dont les pas ne résonnent pas dans la gare

et les auréole sur des haines ruinées,

sur des façades surplombantes,

sur des hanches anonymes,

sur l’autre face de la parole

 *

Diptyque 6

 IMG_4518

Mince dorure au plafond

du bleu peint à des branches nues

adieu déjà

le fils s’en va

*

Diptyque 7

 IMG_4519

Soustraire les dorures

soulever un carrelage

et encore une plaine et sa brume

parler dans une nuit sans lune

et encore une frontière sans fleuve

et encore en creux une Asie aux os cassants

*

Diptyque 8

 IMG_4522

Après l’image m’emmène

le chant

*

Diptyque 9

IMG_4523

La poignée de mélèzes en novembre

de l’autre côté du village

celle si triste que son visage ridé

l’a déposée sur l’îlot de bouleaux

s’immolent dans l’image qui les sauve

et les pétrit jusqu’au chant

*

Diptyque 10

 IMG_4525

Les ruisseaux descendent à tue-tête

dans les cavernes et la mémoire

pour la route du troisième acte

je nous souhaite un retable

et de bons masques

*

Diptyque 11

IMG_4527

Mais peut-être parade ou recours

écart ou trop grand écart ?

Pont frais ou rompu ?

Parole : belette ou renard ?

*******

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :